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La justice en grève le 13 décembre 2013 : retour sur les racines d’un mouvement large et inhabituel
par Vaia Demertzis, Jean Faniel, le 13 février 2014

Le 13 décembre 2013, bon nombre de travailleurs de la justice ont mené un mouvement de grève qualifié d’« historique » par la presse et par les acteurs eux-mêmes.

Vaïa Demertzis, chargée de recherche au Centre de recherche et d’information socio-politiques (CRISP), et Jean Faniel, directeur général du CRISP, nous livrent ci-après les réflexions qu’appelle leur analysede ce mouvement.

Que la justice soit en ébullition, ce n’est pas nouveau. Depuis deux ans au moins, quasiment tous les acteurs du monde judiciaire ont, à un moment donné, exprimé leurs préoccupations ou leur ras-le-bol à l’égard de la dégradation de leurs conditions de travail ou de rémunération ou à propos de leur avenir : qu’il s’agisse des agents pénitentiaires, des avocats, des magistrats, des greffiers, des agents des maisons de justice, des experts judiciaires ou encore du personnel médical, psycho-social ou administratif des prisons. Communiqués, interpellations de la ministre de la Justice et plus largement du monde politique, manifestations, suspensions brèves du travail ou grèves de plus longue haleine ont marqué les différentes régions du pays depuis la mise sur pied, le 5 décembre 2011, du gouvernement fédéral Di Rupo (PS/CD&V/MR/SP.A/Open VLD/CDH).

Si la grève du 13 décembre 2013 est apparue exceptionnelle, c’est parce qu’elle a réuni dans un mouvement commun, le même jour, bon nombre de ces acteurs, au profil et aux revendications différents, alors que les mobilisations dans ce secteur s’étaient faites jusque-là de manière compartimentée. Elle a également impliqué des catégories de travailleurs peu habitués à se mobiliser (greffiers, agents de la Sûreté de l’État, etc.), a fortiori sous la forme d’actions de grève.

Cette convergence et cette intensité des mobilisations reflètent l’existence, à côté de préoccupations propres à chaque catégorie de personnel du secteur de la justice, de griefs communs, liés à la situation dans laquelle se trouve la justice belge, au manque de moyens (financiers, humains ou informatiques) qui l’affecte, ainsi qu’à la manière dont le gouvernement est occupé à réformer la justice (et, plus largement, la fonction publique) et, dans ce cadre, à la difficulté rencontrée par les différents acteurs du secteur de se faire entendre de leur ministre (Annemie Turtelboom, Open VLD).

À quatre mois de l’important scrutin du 25 mai 2014, le gouvernement fédéral sera probablement soucieux de désamorcer une crise sociale d’importance au sein de ce secteur emblématique de l’action publique et faisant officiellement l’objet, depuis l’affaire Dutroux, de toutes les attentions. S’en donnera-t-il les moyens ?

Pour une analyse plus détaillée de ce mouvement, voir Vaïa DEMERTZIS, Jean FANIEL, « Retour sur la grève du 13 décembre 2013 dans la justice », Les analyses du CRISP en ligne, 20 décembre 2013, www.crisp.be.

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Grève

Votre point de vue (1 réaction)

  • Le 15 février 2014 à 11:45, par skoby

    Je peux parfaitement comprendre cette grève faites par divers secteurs liés au département de la Justice, car notre Justice à depuis très longtemps, été l’enfant
    pauvre des différents gouvernements. Gouvernement qui aujourd’hui peut s’en
    mordre les doigts quand on lit que plusieurs procès de fraude fiscale ne pourront
    avoir lieu, car la prescription aura lieu avant d’entamer ces divers procès.
    Ceci est scandaleux et signifie qu’entre autres nos divers Ministres de la Justice,
    n’ont pas fait leur boulot. Pas d’informatique, trop peu de personnel, bâtiments
    vétustes, etc....
    Par contre quand on voit certains jugements, et aussi certaines remises en liberté
    incompréhensibles pour le public, on est en droit de se demander si la Justice
    n’est pas comme dans les partis politiques, c’est-à-dire le copinage et les
    nominations de personnes incapables d’occuper dignement leurs fonctions.
    La Justice Belge est très malade, mais ce sont surtout, mais pas uniquement,
    les politiciens qui en sont les pricipaux responsables.

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