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Les justices liégeoise, namuroise et luxembourgeoise se disent exsangues
le 6 mars 2015

Les chefs de corps du ressort de la Cour d’appel de Liège ont lancé, ce vendredi 6 mars 2015, un cri d’alarme en raison des mesures d’économie auxquelles est soumise la Justice. Les magistrats du parquet, des tribunaux et de la cour d’appel se disent étranglés. Selon eux, les juridictions affichent un important déficit de personnel. Il manquerait, selon les cas, entre 10 % et 30 % d’effectifs.

"Dans certains secteurs, on ne pourra plus intervenir", a dénoncé le procureur général Christian De Valkeneer. "Il n’y aura donc plus de réponse pénale à une série de faits qui portent atteinte à la sécurité publique", a renchéri le procureur du Roi Philippe Dulieu. "Nous sommes proches du burn-out. On nous empêche de répondre aux besoins des justiciables", dénoncent les chefs de corps.

Leur propos intervient quelques heures après qu’on a appris que l’ensemble des acteurs de l’institution judiciaire manifestera son inquiétude dans le palais de Justice de Bruxelles le 20 mars prochain.

William Gregory

Votre point de vue (7 réactions)

  • Le 17 juin 2015 à 09:58, par FrankP

    Prenons l’exemple de Liège : on a un nouveau Palais, qui permettrait de rationaliser les audiences de détenus, par exemple... et de gagner du temps, donc de l’argent... Eh bien, c’est raté : le couloir pour amener les "paniers à salade" des détenus s’est avéré trop étroit et on continue à effectuer ces audiences dans l’ancien palais, monopolisant au passage les places de parking des riverains ! Et vous croyez que l’architecte qui a conçu cette aberration doit payer de sa poche la remise en ordre ? Eh bien non, c’est le budget de la justice qui assume... Or pourtant la faute est manifeste et le dommage qui en résulte tout aussi évident ! La justice a donc les moyens faire un "cadeau" à un architecte qui a commis une erreur aussi "grosse" ?
    Il y avait aussi les portes des cellules qui s’ouvraient en cas de panne de courant... et l’absence de panneaux de signalisation des salles d’audiences, "oubliés" quand on a conçu le bâtiment. Devant tant d’amateurisme, ont-ils encore le droit de se plaindre ?

  • Le 14 mars 2015 à 11:29, par JM KANINDA

    A se tordre de rire... si ce n’était dramatique pour les justiciables qui pâtissent réellement de l’insouciance de ce Monsieur VALKENEER et consorts qui, année après année, ont laissé l’Administration du service public qu’est la Justice se faire "émasculer" en ayant l’air débonnaire et satisfait des économies (ou coupes sombres c’et selon) réalisées depuis 30 ans par nos gouvernants successifs...

    Et voilà qu’à présent ils font semblants de s’apercevoir que la cohorte des robes noires du secteur public (magistrates, greffiers, magistrats, greffières, secrétaires...etc...) est devenue contreproductive car cachectique et réduite à faire de la figuration face aux cabinets privés d’avocat(e)s.

    Comme si l’on demandait à une championne de natation telle Laure MANAUDOU de nager de plus en plus vite mais en respirant de moins à chaque effort, mètre après mètre dans une piscine de plus en plus longue !

    N’importe quoi... ou foutage de gueule de compères ou larrons en foire riant sous cape... du tour pendable qu’ils/elles jouent à la QUALITE de la Justice dont ils/elles sont les mandarins indéboulonnables car étant parmi les "happy few" nommés à vie grâce à la cooptation académico-politique de notre pays où il n’y a pas d’école de la magistrature comme en France.

    Dr JM KANINDA (60 ans dont 40 passées en Belgique essentiellement), obstétricien-gynécologue & échographiste

  • Le 10 mars 2015 à 17:49, par Gisèle Tordoir

    L’image que j’ai de la magistrature n’est guère reluisante. Pour avoir observé : pauses (pas seulement au café ou à l’eau...), congés quasi calqués sur ceux de l’enseignement,e.a... Lors de comparutions et/ou en plaidoiries, j’ai pu régulièrement réaliser que le(la) juge n’avait même pas pris la peine de lire les conclusions que nous avions eu l’obligation de déposer dans un délai imparti...Cette méconnaissance du dossier se concrétisa par une décision plutôt absurde entraînant dès lors un appel !!! C’est tout dire...Quelle(s) formation(s) serait (-aient) tout à coup indispensable(s) pour répondre au "problème" dont question dans le présent sujet ??? Si le service public calquait davantage son fonctionnement sur celui du secteur privé, on pourrait enfin parler de rentabilité, d’efficacité...J’ai lu des articles, écrits par des personnes proches du milieu judiciaire, confirmant qu’il n’y avait absolument pas de pénurie de magistrats ni de personnel mais que le véritable "hic" était le rendement effectif de tous ces fonctionnaires. C’est, à mon avis, toute la fonction publique qui doit être revue et réorganisée ; les fonctionnaires doivent être mobiles et donc mobilisables là où le besoin s’en fait sentir. La connotation négative du fonctionnaire ne date, hélas, pas d’il y a peu mais d’il y a bien trop longtemps. Plus aucun pays n’a les moyens d’entretenir une fonction publique lente, décalée des enjeux actuels. C’est cela qu’il faut revoir fondamentalement. Pour cela, il faut effectivement réduire drastiquement tous les niveaux de pouvoir et de la fonction publique. L’idéal est de faire mieux (meilleure qualité de travail) avec moins de moyens (dont dépenses et postes de travail inutiles). Mais pour ce faire, il faut que les électeurs votent pour un changement radical dans le fonctionnement de l’Etat : moins de fonctionnaires à tous les niveaux. "Mettre la bonne personne au bon moment au bon endroit" : tout un programme réalisable avec de l’intelligence et du courage.

  • Le 9 mars 2015 à 13:24, par Francois

    C’est un FAUX problème !!!! L’état s’est rendu volontairement incapable d’assurer les services au public en gaspillant les impôts dans la régionalisation... Il y a entre 3 et 4 fois trop de fonctionnaires répartis dans 60 ministères et secr. d’état et 7 chambres.... alors que le simple bon sens voudrait que 11 millions de citoyens, à peine une ville chinoise, ça se "dirige" avec 15 ministères et 1 chambre de 100 députés... à ce moment, la justice aurait largement les moyens de fonctionner !
    La multiplication "inutile" des niveaux de pouvoir se fait au détriment des services au public ! Quand les électeurs vont-ils enfin voir cette évidence ???

  • Le 8 mars 2015 à 19:43, par Amandine

    Le temps de travail des magistrats ne se limite pas à celui qu’ils passent en salle d’audience. Les magistrats étudient les dossiers - pièces, conclusions - des litiges qu’ils ont à trancher avant et/ou après les plaidoiries, ils délibèrent après celles-ci, et ils doivent rédiger les jugements.
    Ils ont aussi à se tenir au fait des très fréquentes modifications des législations qu’ils doivent appliquer, ainsi que de la jurisprudence.
    Beaucoup de juges effectuent une grande partie de ce travail chez eux, pour être au calme, et ils y sont souvent mieux équipés sur le plan informatique que dans les bureaux des Palais de Justice.
    Enfin, puisque nous sommes le 8 mars, journée des femmes, je rends hommage à la qualité du travail des femmes magistrates que j’ai eu l’occasion de rencontrer, tout aussi attentives et précises dans leurs jugements que leurs collègues masculins.

  • Le 7 mars 2015 à 11:18, par piano blanc

    Les magistrats pleurnichent toujours mais ils ne font jamais rien pour augmenter leur productivité. Fonctionnaire de l’Etat, j’ai travaillé pendant plus de 20 ans dans des bureaux situés dans le même bâtiment que le Palais de Justice de Liège. Mis à part celui de garde, la plupart des juges d’instructions (et autres membres de la magistrature, assise ou debout) se la coulent douce. L’après-midi on ne voit plus aucun magistrat dans la palais de justice.
    Leurs bureaux sont vides (sauf parfois un greffier qui y travaille). Ils ne sont soumis à aucun contrôle. Personne n’a jamais osé leur demander de travailler plus et plus vite. On leur tolère des vacances aussi éléphantesques que celles des enseignants (juillet, août, Pâques, ...). C ’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles il y a tant de femmes magistrates : c’est un métier en or qui leur laisse tout le temps de s’occuper de leur enfants. Comme d’autres travailleurs, les magistrats devraient être obligés de pointer à chaque arrivée et à chaque départ. Ils devraient aussi être tenus de travailler à leurs dossiers et préparations de jugements dans leur bureau pour les empêcher de prétendre qu’ils le font chez eux.

    • Le 7 mars 2015 à 18:59, par Daisy

      Les temps ont bien changé, Cher Monsieur !
      Les nouveaux magistrats d’aujourd’hui travaillent les samedis et les dimanches, terminent leurs journées très tard, les commencent très tôt... essuient les reproches de leurs enfants et de leur conjoint et essaient malgré tout de préserver leurs greffiers...
      Demandez à ceux-ci à quelles heures du matin, du soir ou de la nuit, les magistrats avec lesquels ils travaillent leur ont envoyé des mails ...

    • Le 7 mars 2015 à 14:47, par Martin

      Que d’inepties !

    • Le 7 mars 2015 à 14:39, par Georges-Pierre TONNELIER

      Je n’oserais pas prétendre que les magistrats sont paresseux et que c’est là la cause de l’inefficacité de notre justice.

      Toutefois, peut-être devrait-on se demander si l’on a, ainsi qu’on le fait dans le privé, mis en place, y compris en termes de formation, les structures nécessaires à une bonne productivité.

      Je pense par exemple à un thème qui revient en permanence et qui est l’infrastructure informatique. Il est évident que l’on perd beaucoup de temps et de moyens si l’on ne dispose pas d’un dossier informatique unique par affaire, dans lequel tous les intervenants pourraient verser leurs pièces, depuis le policier qui rédige un PV, pour évoquer une affaire pénale, jusqu’à l’arrêt de cassation, en passant par les conclusions des avocats et les jugements et arrêts intermédiaires.

      Cependant, tout ramener à la non-informatisation serait une erreur. La question de la gestion du temps de travail est également un sujet de formation qui pourrait être intéressant à dispenser aux différents acteurs de la justice.

      Georges-Pierre Tonnelier, juriste

  • Le 7 mars 2015 à 10:48, par skoby

    Je pense que la situation devient vraiment intenable pour la Justice, fort délaissée depuis
    des dizaines d’années,par nos gouvernements successifs.
    Mais ne doit-elle pas aussi s’en prendre un peu à elle-même : son inefficacité, sa lenteur
    toute administrative, son manque d’adaptation à l’informatique. Son manque de simplicité, son refus de se réformer, etc.....

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