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Un tribunal de Los Angeles vient de reconnaitre les effets nuisibles de Meta et de YouTube sur la santé mentale des jeunes. La connaissance d’une étude dont les résultats ont été longuement ignorés par le grand public est au départ de ce procès.
Expliquons-nous.
Quand les résultats d’une étude de 2019, demandée par Meta mais longuement cachée, ont été connus des années plus tard, des parents, enseignants et autres responsables de jeunes ont réagi, individuellement, et se sont adressés à la justice. Ils seraient plus de deux-mille.
Des effets clairement nuisibles
Cette enquête méconnue avait clairement montré qu’il existait bien un lien de cause à effet entre Facebook et Instagram (appartenant à la société Meta) et l’état de santé mentale de certains adolescents. Cela signifie que Meta était bien au courant et connaissait l’influence nocive de ces réseaux sur les adolescents…
Un premier procès vient d’avoir lieu opposant Meta et YouTube (appartenant à Google) à une jeune femme de dix-neuf ans. Celle-ci estime être devenue accro aux réseaux sociaux dès son enfance, ce qui a provoqué de l’anxiété, un état dépressif et des pensées suicidaires.
Devant le tribunal
Meta et YouTube (Google) se sont défendus en invoquant un texte officiel aux États-Unis, où la liberté d’expression est quasiment totale : le « Communications Decency Act ». Les utilisateurs ont ainsi la possibilité et même le droit de proposer des contenus racistes, suscitant la violence ou la haine ou encore nuisant à la santé des utilisateurs.
Face à eux, les défenseurs de la jeune femme ont affirmé que son addiction à ces réseaux a bien provoqué des troubles psychologiques et porté atteinte à sa santé mentale.
La décision
Selon la loi américaine applicable aux activités de Meta et YouTube (Google), ces opérateurs ne sont pas responsables des contenus. Ils ne pouvaient donc pas être condamnés pour ceux-ci. Mais le juge ne s’y est pas intéressé, il n’en a pas tenu compte. Il a plutôt considéré la manière de concevoir ces réseaux et le fonctionnement de ceux-ci visant à créer de la dépendance. Ainsi, ces réseaux fonctionnent-ils avec des algorithmes qui induisent une utilisation fréquente, régulière des écrans. Des flux continus créent alors effectivement l’addiction et rendent donc les jeunes accros. Si le « Communications Decency Act » défend bien la liberté d’expression, conclut le juge, il ne concerne pas le fonctionnement des réseaux et l’existence d’algorithmes qui provoquent l’addiction. Et cette addiction crée et explique bien des troubles mentaux.
Étant avertis depuis longtemps de ces conséquences à l’utilisation de leurs réseaux, Meta et YouTube (Google) auraient dû prévenir les utilisateurs de leur dangerosité pour des mineurs . Meta et Google sont donc coupables à la fois de négligence dans la manière dont ils ont conçu leur réseau et de n’avoir pas averti de leurs dangers pour les utilisateurs mineurs.
Ils sont donc civilement responsables et sont dès lors condamnés à payer des dommages-intérêts à la jeune femme qui les a cités devant le tribunal de Los Angeles.
Multiples autres procès
Ce procès pourra être suivi de plusieurs autres concernant un adolescent et, ultérieurement, d’un procès réunissant de multiples personnes. Il serait alors d’ampleur nationale…
Autre procès terminé concernant les réseaux sociaux : au Nouveau-Mexique, Meta vient aussi d’être condamné. Il est reconnu coupable d’avoir proposé des contenus inappropriés à des mineurs et, en rendant possible l’accès de prédateurs sexuels à des mineurs, d’avoir permis leur exploitation sexuelle.