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La Justice (et l’injustice) à l’Opéra de Lyon : Claude, sur un livret de Robert Badinter, Fidelio et autres œuvres
par François Jongen, le 23 avril 2013

L’Opéra de Lyon vient de mettre à son programme, jusqu’au 15 avril 2013, dans le cadre d’un festival « Justice-Injustice » (cliquez ici), quatre œuvres lyriques mettant la Justice en question.

Le livret de l’une d’entre elles (« Claude », tiré de Claude Gueux de Victor Hugo) présente la particularité d’avoir été rédigé par Robert Badinter, ancien ministre français de la Justice.

Même si ce festival est à présent terminé, tout cela méritait un petit tour d’horizon pour Justice-en-ligne en compagnie de François Jongen. Claude est diffusé sur arteliveweb (cliquez ici) depuis le 11 avril 2013.

L’opéra n’est pas seulement affaire de grandes voix : il peut aussi servir à réfléchir sur les problèmes de notre temps. Ainsi, l’Opéra de Lyon a-t-il proposé un festival « Justice Injustice » avec trois spectacles qui évoquent les enjeux de la liberté et de l’emprisonnement.

Il y eut, d’abord, une création : Claude, premier opéra du compositeur français Thierry Escaich, sur un livret de Robert Badinter. Badinter est connu comme ancien avocat, ancien président du Conseil constitutionnel français mais aussi et surtout ancien ministre de la Justice de François Mitterrand : c’est lui qui, en 1981, avait fait voter l’abolition de la peine de mort en France. Pour ses débuts à l’opéra (à plus de quatre-vingts ans), Badinter a adapté en livret lyrique Claude Gueux, une courte nouvelle de Victor Hugo contant la révolte d’un détenu contre les brimades injustes du directeur de la prison. Une révolte qui le conduira à l’échafaud. Dirigé par le jeune chef Jérémy Rhorer, l’opéra est compact (1h30) et efficace, avec un découpage quasi-cinématographique et une mise en scène très spectaculaire d’Olivier Py. On aimerait parfois quelques moments d’apaisement, mais on sort du spectacle ému et plein de questions.

Etait également à l’affiche du festival « Justice-Injustice », un opéra très classique : Fidelio, l’unique opéra de Beethoven, qui raconte l’histoire d’une épouse déguisée en homme pour se faire engager comme geôlier dans la prison où son mari est injustement retenu. Le spectacle lyonnais, dirigé par Kazushi Ono (ancien directeur musical de la Monnaie de Bruxelles) est des plus originaux puisque la mise en scène de Gary Hill, essentiellement faite de vidéo, transpose l’action dans un vaisseau spatial dans le futur.

Enfin, la troisième soirée proposait deux œuvres du XXe siècle : Erwartung de Schoenberg est le monologue d’une femme dont on comprend peu à peu qu’elle a tué son mari dans une crise de jalousie, et Il Prigioniero de Luigi Dallapiccola, adaptation courte et percutante d’une nouvelle intitulée « La torture par l’espérance ». Ici, on découvre un prisonnier de l’Inquisition à qui on laisse croire qu’il peut s’évader, avant de le rattraper. Pour lui faire comprendre qu’il n’a aucune chance… Un très beau spectacle, également dirigé par Kazushi Ono et mis en scène par l’Espagnol Alex Ollé, un des metteurs en scène les plus demandés actuellement dans le monde de l’opéra.

Votre point de vue (1 réaction)

  • Le 24 avril 2013 à 17:25, par Gisèle Tordoir

    Je ne suis pas surprise et même plutôt rassurée que la justice fasse l’objet de tant de démonstrations d’intérêt artistique, que ce soit via l’opéra, la littérature, le théâtre ou le cinéma. Je suis convaincue que ce pilier qui devrait être le garant de l’équité, du discernement, de la conscience, de la réflexion, d’interrogations, de décisions, ô combien conséquentes, est trop souvent ébranlé et fragilisé par ses acteurs. Que de drames, de désespoirs a-t-elle engendrés ?...Que de vies a-t-elle brisées ?... Que d’innocents a-t-elle condamnés ?...Que de révoltes a-t-elle provoquées ?...Que de questions a-t-elle soulevées ???...Pour ma part, la justice me laisse un âpre goût d’injustice, si amer, si indigeste, la conviction de n’être pas entendue, de n’être pas prise en compte, de n’être d’aucun intérêt pour ce monde si clos, si sectaire, si corporatif, souvent si éloigné des réalités, si distant, aveugle et sourd à la cause citoyenne, oubliant tout simplement qu’il est le serviteur de tous les citoyens...Cela ne l’empêche pas de tomber, de temps à autre, du piédestal sur lequel il s’est placé, se surestimant, s’auto-admirant tel Narcisse dans sa mare...Si "Paris vaut bien une messe", Dame Justice vaut bien un spectacle car après tout c’est ainsi qu’elle est rendue : la gestuelle, le langage "codé", les titres portés, l’habit et le cérémonial, la procédure et les débats, les conclusions et les plaidoiries, les délais, les recours et les appels en tous sens, etc, etc...Du pur drame, quoi...Moi, cela ne me donne pas l’envie de chanter ou alors "la ballade du pendu"...

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