Il est un fait que de par la nature même de leur profession, les avocats se connaissent souvent bien.
Se retrouver fréquemment devant les cours et tribunaux, entre praticiens des mêmes matières juridiques, crée en effet des liens.
Mais même s’ils se rencontrent pour la toute première fois à l’occasion d’un dossier, ce qui arrive aussi, le fait pour les avocats de converser pendant ou après l’audience n’est que la manifestation d’un élémentaire savoir-vivre.
Voir dans cette attitude de civilité la preuve d’une collusion entre les avocats est une grave erreur.
En effet, les avocats défendent à l’audience les intérêts de leurs clients respectifs, mais ils n’épousent pas la cause de ceux-ci, et leur interdire de converser ensemble reviendrait à les placer dans la situation des clients eux-mêmes, c’est-à-dire dans une situation de conflit.
Or, ce n’est pas parce qu’ils défendent des parties en conflit que les avocats de ces parties doivent être en conflit entre eux.
L’avocat doit certes éprouver de l’empathie pour son client et sa cause, mais il ne doit certainement pas aller jusqu’à ressentir dans son âme, voire dans sa chair, ce que vit son client.
J’ajoute qu’il est des procès en lesquels le différend qui les oppose n’empêche pas les parties de se parler, voire de se serrer la main.
Pour conclure, l’expérience apprend que le fait pour des parties à un procès d’avoir comme conseils des avocats qui s’apprécient mutuellement est en réalité le gage que leur affaire sera traitée de la meilleure manière possible.
La justice est en effet aussi une affaire de sérénité, ce qui permet aussi aux juges de trancher les litiges de la manière la plus objective et « dépassionnalisée » possible.