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Pourquoi s’opposer à une Commission chargée par l’Eglise de recueillir les plaintes des victimes de faits de pédophilie ?

24 septembre 2010, 08:46, par Xavier Dijon

M. Legros a raison d’insister sur le sort commun à réserver, en régime démocratique, à tous les justiciables du Royaume. Mais, redisons-le, une commission d’Eglise n’a pas pour but de distraire une quelconque victime contre son gré du juge que la loi lui assigne, car c’est de plein gré qu’elle s’y rend. Or si elle le fait (alors qu’elle garde l’entière liberté de s’adresser à la justice civile), n’est-ce pas parce qu’elle a un contentieux à régler avec l’Eglise elle-même, attendant d’elle une parole qu’elle seule peut délivrer ? M. Legros craint les dérives, par exemple d’une commission de banquiers accueillant les victimes de la crise financière. Je ne suis pas sûr que l’exemple soit bien choisi car le marasme auquel aboutit l’hyperspéculation capitaliste ne se traite pas de la même manière qu’un abus sexuel. Le rapprochement avec les ordres professionnels (médecins, avocats) me paraitrait, sur ce sujet, plus éclairant. Mais la meilleure réponse à donner aux appréhensions de M. Pierre Legros se trouve, me semble-t-il, dans l’excellente prise de position donnée ici par M. Paul Martens (N.B. : sur le sujet de la spécificité des abus sexuels et sur le silence des victimes, je recommande le petit livre posthume de la philosophe Annie Leclerc, Paedophilia ou l’amour des enfants, paru en 2010 aux éditions Actes Sud.) Je termine par deux points d’accord avec M. Legros : pas de collusion entre la Commission d’Eglise et le Parquet ! O.K. pour un séquestre provisoire des dossiers saisis.

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